Yin Yang Association

LE QI GONG

QU’EST-CE QUE LE QI GONG ?

 

Littéralement, Qi Gong (prononcé ‘tchi Kong’) signifie : travail sur l’énergie. Basé sur des préceptes de médecine traditionnelle chinoise et sur le Taoïsme, le Qi Gong repose sur la notion de ‘Qi’, notion intuitive basée sur l’observation, et qui renvoie à l’idée d’énergie vitale invisible qui circule à l’intérieur de notre corps.

 

Discipline plusieurs fois millénaire, le Qi Gong est pratiqué quotidiennement par un grand nombre de Chinois et constitue, au même titre que le massage ou que l’acupuncture, la base de leur l’hygiène de vie. Il se compose de mouvements lents accessibles à tous, sans condition d’âge ni de santé. Quoique le Qi Gong se présente comme une gymnastique d’apparence assez simple, il se compose en fait de mouvements très étudiés qui ont chacun leur fonction. (voir par exemple dans la rubrique ‘déroulement des séances’ les 8 pièces de brocart). C’est à la fois un travail sur le corps, l’esprit et la respiration.

 

Au niveau théorique :

 La médecine traditionnelle chinoise postule que les symptômes engendrés par la maladie, le stress et les émotions sont le signe d’un déséquilibre de la circulation du Qi dans notre corps. Inventé à des fins martiales, pour améliorer la santé et la résistance des guerriers, le Qi Gong sert à faire circuler et à renforcer le Qi, ce qui se traduit par un mieux être général : meilleure gestion du stress, amélioration de la coordination, de l’équilibre et de la mémoire, mais aussi par des effets préventifs contre les maladies.

Du point de vue théorique, le Qi Gong reconnaît l’importance des causes internes dans le déclenchement des maladies. Si certains mouvements de   Qi Gong sont dits lutter contre ‘l’énergie perverse’, c’est-à-dire les causes externes (froid, chaud, germes…), le Qi Gong cherche, d’une manière générale, à développer le potentiel physiologique d’autorégulation du corps, sorte de sagesse inconsciente inhérente au corps lui-même.

 

Mais l’intérêt du Qi Gong réside également dans sa visée holistique : il prend en effet en compte l’individu dans sa globalité, en tant que partie du grand tout de l’univers, là où la médecine occidentale, qualifiée ordinairement d’allopathique, n’a tendance qu’à traiter des symptômes et des parties du corps isolés, ainsi y a-t-il des gastro-entérologues pour le système digestif, des cardiologues pour le cœur, des neurologues pour le système nerveux… Le mérite de la médecine traditionnelle chinoise, et donc du Qi Gong qui s’appuie sur elle, est de prendre en compte l’individu dans sa globalité, en s’intéressant aux différentes interactions existant entre les parties du corps, mais aussi de l’esprit. De la même manière, faut-il considérer qu’un symptôme n’est jamais, à l’image de la partie immergée d’un iceberg, que le signe visible d’un désordre beaucoup plus profond et beaucoup plus complexe.

 

Le Qi Gong est une discipline qui doit s’inscrire dans la durée. Même s’il procure une sensation de bien être dès les premières séances, ses effets les plus profonds requièrent de la persévérance et ainsi, pour parodier la formule socratique du ‘je sais que je ne sais pas’, plus on progresse plus on en perçoit les imperfections, les approximations, et plus on est amené à affiner sa pratique.

Conseils relatifs à la pratique :

Qui : On peut affirmer sans se tromper que tout le monde peut pratiquer le Qi Gong, avec parfois, quelques aménagements nécessaires : il n’y a ni de limite d’âge maximal, ni d’âge minimal :

-          les plus jeunes peuvent et aiment à le pratiquer dès l’école maternelle (testé et approuvé !!), à condition d’utiliser un vocabulaire adapté et des images qui leur parlent. Il en résulte une détente du corps et de l’esprit propices aux apprentissages et une acquisition plus rapide de la motricité, du schéma corporel et du vocabulaire qui l’accompagne.

 

-          Les personnes qui ne pratiquent aucune activité physique et sportive. La pratique d’un sport n’est pas un préalable nécessaire à la pratique du Qi Gong. Bien que n’étant pas un sport, le Qi Gong apportera des bénéfices à ces personnes comparables à celles d’un sport et, à terme, bien supérieurs.

 

-          Les personnes âgées. Ainsi peut-on commencer le Qi Gong à tout âge et quel que soit son état de santé ou sa mobilité. Pour les personnes ayant une mobilité réduite, il existe parfois des groupes de pratiques mis en place dans des centres de convalescence. Ainsi certaines personnes peuvent-elles pratiquer assises, voire même allongées, pour les personnes alitées, un certain nombre de techniques pouvant être exécutées dans ces positions.

 

-          les personnes en bonne forme et dans la force de l’âge n’échappent pas à la règle ! On peut avoir à tout âge besoin d’améliorer son état de santé et d’apprendre à mieux gérer son stress.

 

Dans tous les cas, le maitre-mot du Qi Gong est de ne pas forcer et de toujours se fier aux indications données par le corps, de s’écouter : ainsi en cas de douleurs, il y a fort à parier que le mouvement exécuté alors est à proscrire, voire à aménager (ex : descendre moins bas lors d’une flexion de genoux).

 

 

La tenue : la tenue doit être souple et assez ample afin de ne pas gêner l’exécution des mouvements. Attention aux élastiques à la taille qui seraient trop serrés et au port de bas, mi-bas et collants qui sont déconseillés. De même il est conseillé de retirer tout bijou trop ajusté (bagues, montres, …)

Une attention particulière doit être portée aux pieds : le mieux étant de reproduire les contacts naturels du pied avec la terre. Si pour une raison ou une autre, on ne peut pratiquer pieds nus, il est alors conseillé de porter des chaussettes ou des chaussures type rythmiques (semelles fines et souples). Les baskets à semelles rigides et inclinées sont à proscrire.

 

Quand : Pour les débutants, le moment de la pratique n’est pas forcément important mais il est possible que, au bout de quelques années de pratique régulière, on ressente le besoin de conformer sa pratique aux heures qui nous sont le plus propices. Celles-ci variant d’un individu à l’autre.

Selon le Taoïsme, c’est en se calant sur les rythmes du Yin et du Yang que l’homme peut trouver son harmonie. Un jour est divisé en heures “Yang” (de 23h à 11h) et en heures “Yin” (de 11h à 23h). Les heures les plus intéressantes pour pratiquer sont de 23h à 1h, là où le Yin est à son point culminant, ce qui permet ainsi de tonifier le “Yin” (sachant que la plupart des personnes en manque) et, de 11h à 13h, là où c’est le “Yang” qui culmine pour tonifier celui-ci. Les deux autres moments-clés sont de 5 à 7 et de 17 à 19, lorsque le Yin et le Yang sont à peu près équilibrés.

 

Combien de fois par semaine et combien de temps : Comme dans la pratique sportive, on pourrait conseiller une séance 2 à 3 fois par semaine. Le maître-mot étant avant tout la ré-gu-la-ri-té. Je conseille, lorsque l’on commence le Qi Gong, de pratiquer une fois par semaine et d’augmenter la fréquence dès que la nécessité s’en fait ressentir.

Pour les gens qui pratiquent seuls, il est tout à fait envisageable d’en faire tous les jours (ou presque) et, des séances de 20 mn peuvent se montrer suffisantes.

Bien que la pratique sporadique du Qi Gong (une fois de temps en temps) permette de détendre le corps et l’esprit, elle ne permet pas d’entrer réellement dans la quintessence de la discipline et des bienfaits qu’elle peut nous offrir.

 

 

Où : On peut se demander s’il est préférable de pratiquer à l’extérieur ou à l’intérieur. Je vous répondrais sans ambages, à l’extérieur ! Encore faut-il que la météo le permette et que le lieu choisi soit plaisant, que pour ainsi dire, il vous parle. Un parc ou un coin de nature est l’idéal.

La plupart du temps, nous sommes obligés de pratiquer à l’intérieur, du moins sous nos latitudes. Qu’à cela ne tienne ! on choisira un lieu avec suffisamment d’espace pour se mouvoir et peu encombré pour que l’esprit puisse lui-même se libérer. Là encore tout étant une question de feeling.

De même que les moments de la journée sont régis par les transformation réciproques du Yin et du Yang, l’orientation du corps lors de la pratique n’est pas indifférente. Mais, là encore, seuls les pratiquants chevronnés auront à s’intéresser à ces principes : on fera face au Nord en été, face au Sud en hiver, face à l’Ouest au printemps et à l’Est en Automne. Sachez également qu’il y a des correspondances entre les saisons et les principaux organes ainsi, si l’on a des problèmes au foie, sera-t-il préférable de pratiquer au printemps face à l’Est. Ces préconisations n’étant bien sûr valables qu’en cas de dysfonctionnement avéré.

 

Avec qui : Reste à savoir avec qui pratiquer. Il existe des centaines d’école de Qi Gong plus ou moins représentées selon les régions. Nous ne saurions dire qu’une est meilleure que les autres, le principal étant avant tout de pratiquer avec un “Maître” ou, assimilé comme tel, avec lequel vous vous sentez bien et, j’ajouterais (mais c’est personnel) qui ne se prend pas pour un gourou ! Le “Maître” véritable étant comme un tuteur qui vous permet d’aller dans la bonne direction, sans trop d’errances, en vous amenant à comprendre ce qui est bon pour vous et en vous laissant suivre votre propre cheminement, à votre rythme ; là où le gourou cherche à persuader par un discours rigide et dogmatique qui ne laisse pas place à votre esprit critique.

L’environnement peut aussi se montrer important. Certains préféreront pratiquer seuls ou en binômes mais il est également très salutaire de pratiquer avec d’autres, dans une ambiance saine et conviviale où l’énergie va circuler.

 

Le fait de manger avant ou après une séance, surtout quand celle-ci a lieu entre midi et deux, peut aussi poser question. Sachez qu’il est déconseillé de faire un repas trop copieux avant une séance (votre estomac risque d’être congestionné et la digestion requérant beaucoup d’énergie, cela contrecarrerait la circulation de l’énergie dans tout le corps). Par contre, si vous sentez que vous aurez faim au cours de la séance, mieux vaut alors prévoir un petit en-cas, juste avant.

 

Autre aspect, celui de l’environnement, et plus particulièrement de l’environnement sonore. Il va de soi qu’il vaut mieux pratiquer dans un endroit calme, sans agression sonore alentour, et pourquoi pas avec les bruits de la nature. En revanche, si l’on sent que l’on est gêné par des bruits, des bruits de circulation, de chaufferie, la respiration des autres, ou que sais-je encore, il est important de se focaliser sur la respiration ; cette gêne devrait disparaître avec le temps. Comme cela est préconisé dans la méditation en pleine conscience, les bruits doivent être acceptés pour ce qu’ils sont et c’est un exercice à part entière que de les accepter !

Quant à la musique, elle peut être un compagnon très agréable à la pratique, permettant le lâcher-prise et vous mettant dans une ambiance plus favorable. On peut envisager d’en suivre le rythme mais, avec le temps, il est préférable de s’en détacher et de suivre son propre rythme qui est celui de la respiration.